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  • : Quand on arrive en VILLE, en Francois VILLE
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  • : Les Musiques éclectiques, les Jeux de Mots pour être beaux, les fabluleux Poèmes, les jolies Photos et les Nouvelles pas belles de Francois Ville
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L'ex-enfant

A la trappe les petites voitures
Et les contes de fées aux bonnes fins
Pas très à l'aise dans ses choses sûres
L'enfant a grandi mais se sent éteint

Bonjour la vie des grands des responsables
Où gris et noir sont toujours à la mode
Adieu sans espoir au marchand de sable
Et à ses nombreux compagnons d'exode

Papa Noël n'a pas laissé d'adresse
La petite souris a fui son trou
L'ex-enfant n'a plus que le feu aux fesses
Pour affronter le tourbillon des fous

Jouer il n'en a plus vraiment le temps
D'ailleurs il n'en éprouve plus l'envie
Cette vérité lui ronge les sangs
Il n'imaginait pas les choses ainsi

Hier son rire était fait de cristal
Et d'éclats purs sans arrières-pensées
Maintenant son rire est rare et banal
Une politesse à peine habitée

Le stress étendu par ses propres soins
A tel point qu'il ne sait plus ne rien faire
Le prive de paix dont il a besoin
Nul repos pendant la fête des nerfs

L'angoisse et le dégoût en lui exultent
Le monde a fait de son coeur un oedème
L'ex-enfant devenu trop vite adulte
A ses rêves bouffés par le système

L'amour le jeu le sport et le savoir
L'ex-enfant a tout eu pour s'épanouir
Mais aujourd'hui à son grand désespoir
Sa jeunesse n'est plus qu'un souvenir
30/01/02 François Ville

Les gros

Au diable les varices et la matière grasse,
Hommes et femmes agissent pour voir dans leur glace,
La beauté espérée, la perfection voulue,
L'image policée des gens inaperçus.

Puisque la graisse agresse notre sens du beau,
Honnis soient la mollesse et les kilos de trop;
Malgré l'homme et ses droits, les gras sont sous pression,
Montrés partout du doigt comme objets d'attraction.

A l'instar de la star, splendeur anorexique,
Dernier régime phare espérance esthétique,
Artifices humiliants, le corpulent s'affame,
Sacrifices violents pour quelques kilogrammes.

Restaurants et bons plats restent au rang d'interdits,
Un psychique attentat contre la moindre envie;
La diète comme choc est la rupture reine,
Pour fuir les gens qui moquent, et les sots pleins de haine.

Diurétique bouffe et dure éthique à la mode,
Combien d'échecs étouffent une joie en exode ?
Minceur occidentale effet d'une culture,
Sous la pression sociale, de tristes figures.

Complexes d'adipeux, manque de caractère,
Le corpulent s'en veut, coupable culinaire;
Sympa ou vicelard, bon vivant ou mauvais,
L'obésité est tare et qu'importent les faits.

De maigreur à aigreur, pour sauver l'apparence,
Le malheur intérieur n'a plus tant d'importance;
Pourtant dans d'autres zones et d'autres territoires,
Les gros sont des icônes image du pouvoir...
04/09/01 François Ville

Le faux semblant en chair et en os

Plaisir de trouver les mots qui font mal
Je le vois dans ton regard si vicieux
Jouir de ça est ton pêché immoral
Celui par qui tu vis faute de mieux

Toujours besoin de se valoriser
En humiliant quelqu'un ça va de soi
C'est toujours pareil c'est pour se montrer
Et puis prouver que c'est toi le roi

En général ça te sert pour les filles
Une technique de drague à bas prix
Puisque dans ta tête un concept brille
"Femme qui rit à moitié dans son lit"

Étalage permanent de culture
Car tu voudrais paraître intelligent
Mais ce n'est bien-sûr qu'un vernis impur
Affligeant et infligé trop souvent

Le chic, logique fait toute ta gloire
Il faut dire que tu es tout en airs
Tu te crois beau et élégant à voir
Mais mieux vaudrait dire kitsch snob et fier

Tes frusques et tes frasques font ton orgueil
Le sens de l'image inné est ton fort
L'imaginer du moins mouille ton oeil
Jolie illusion que tu laisses éclore

Prétendre faire partie de l'élite
Sans en avoir le coeur ou le cerveau
Voilà pour tous une bien belle invite
Pour moquer sans gêne ton gros ego

Mais la farce à force est lourde et agace
Sagace est celui qui voit clair dans ton jeu
Comprends que ton petit manège lasse
Tu sauras pourquoi les gens t'aiment peu
25/02/02 François Ville

La Pute

J'ai écarté les cuisses pour trop d'hommes
Tant de temps sur un lit je me sens comme
Etrangère à moi spectatrice opium
Une carcasse asservie au summum

Viols consentis contre petites sommes
Vice et violence deux vers dans ma pomme
Le vide m'engloutit leurs goûts m'assomment
Je ne veux pas vivre le prochain tome…
Le 03/07/04
François Ville

La planète des linges

En ce beau monde de la mode
Toutes ont leurs fanatiques adeptes
Et bien que chacune s'érode
Tu te soumets à leurs préceptes

Comme mantra indélébile
Tu cites ceci à l'envie:
"Il n'y a que les imbéciles
Qui jamais ne changent d'habits"

L'homo-sapiens n'étant plus singe
Tu te vêts de mille façons
C'est sur la planète des linges
Que tu t'épanouis pour de bon

Coupe afro ou même perruque
Achats compulsifs dans les souks
Toujours afin qu'on te reluque
Chaque journée tu te relookes

Pro-caleçons et anti-slips
Ton avis est tranché sur tout
Tu as du nez tu anticipes
Avant-gardiste jusqu'au bout

Les magazines sont ta bible
Déclaration des draps de l'homme
Tu es pour eux facile cible
A croquer sans arrêt la pomme

Les marques sont divinités
Dont tu idolâtres l'image
Et comme dans l'Antiquité
Elles vivent et meurent avec rage

Tu vis dans le superficiel
Te révélant dans les tendances
Mais qu'emporteras-tu au ciel?
Pas plus que moi à l'évidence...
07/09/02 François Ville

La mendicité

Gêné de te donner peiné de t'ignorer
Je suis toujours gêné par la mendicité
Es-tu un parasite un escroc émérite
A l'âme petite profiteur sans limite

As-tu au creux des veines plus d'alcool que de haine
As-tu les larmes pleines d'une colère vaine
Seras-tu agressif inquiétant et nocif
Auras-tu le ton vif insultant ou plaintif

En quête d'un bonus quémanderas-tu plus
Du pauvre olibrius auras-ru le rictus
Pour gagner mon argent qu'as tu comme talent
Dessin musique ou chant quelque discours touchant

Seras-tu là demain avec chien ou gamin
Toujours sur mon chemin à me tendre la main
A te donner ainsi dans mon cadre de vie
Y aura-t-il ici bientôt tous tes "amis"

C'est bien d'offrir la pièce le coeur plein de hardiesse
La chrétienté acquiesce la morale est en liesse
Alors pourquoi la gêne le pauvre est-il obscène
La charité a peine à se vivre sereine

Pourrais-je te sourire saurais-je compatir
Trouverais-je quoi dire pour te faire plaisir
J'aime être solidaire voilà qui me rend fiers
Mais est-ce à moi de faire du social solitaire

Geste sans élégance et pitié sans prestance
Mon gars je te balance un peu pour ta pitance
Et comme d'habitude mes arguments s'éludent
Devant ta solitude j'ai la froide attitude

Mon comportement pue ni regard ni salut
Je donne mais je sue mal à l'aise à ta vue
J'en vois d'autres là-bas plus ou moins aux abois
Le don n'est pas je crois un choix qui va de soi...
26/04/02 François Ville

Docteur, Dealer !

Docteur, Dealer, faites donc mon bonheur,
Docteur, Dealer, Rendez-moi mes couleurs !

Dopez je vous prie mes cellules grises,
Pilules à gober en uniques prises,
Et puisque je frise un peu le morose
Osez me donner vos gelules roses !

Docteur, Dealer, un quart d'heure aux patients,
Docteur, Dealer, le " Client " est content !

Aidez-moi aussi à ne plus voir rouge,
Mettez la dose afin que je me bouge ;
Je veux une pause et n'être plus vert,
Car moi qui vous cause ai tout de travers !

Docteur, Dealer, le secteur est perdu
Docteur, Dealer, ordonnances en veux-tu !

Immunisez-moi de mes rires jaunes,
Ô vous mon Toubib, Sorcier et Icône,
Ô vous mon Soigneur au plus haut des cieux,
Sauvez mon âme jusqu'au moindre bleu !

Docteur, Dealer, de Bonheur irréel,
Docteur, Dealer, Guérisseur d'arcs en fiel !

Que je ne vois plus mes journées en noir,
A coups de cachets de suppositoires,
Grâce à vos efforts que mes cors s'arrangent,
Et que s'évapore ma peau d'orange !

Docteur, Dealer, les douleurs des humains,
Docteur, Dealer, qui s'en frotte les mains !

Veuillez recréer en ma chair le blanc,
La virginité de mon jeune temps,
Puis je reprendrais des ultraviolets,
Le soin embelli tant la vie des laids !

Docteur, Dealer, profiteur des gogos,
Docteur, Dealer, VRP des labos !
François Ville, le 25/09/03

Chauffard!

Bien assis au volant de sa voiture,
Il devient un être violent et dur;
Violant la vie des conducteurs peinards,
Il se conduit vraiment en pur barbare.

Chauffard, voilà son joli petit nom,
Jamais en retard et toujours à fond;
La vive allure est chez lui encensée,
Il joue insensé à jouir au danger.

A satiété il fuse sûr de lui,
Fruit d'une société qu'ainsi il fuit;
Le langage fleuri et plein de verve,
Il aime son bruit mais de tout s'énerve!

Et vite son doux faciès s'illumine
Quand autos et motos il élimine;
En Fangio, Ayrton Senna du dimanche,
Ce bel héros passe les lignes blanches!

Il déclenche dés qu'il voit un semblable,
Des courses-poursuites "inter-minables"...
Il ne conçoit jamais à l'évidence,
Qu'on soit effrayés par tant de démence!

Accroc par essence du dérapage,
Il double par aisance en plein virage;
Et ce sont les autres qu'il faut instruire,
Car il est le seul à savoir conduire!

Dur à cuire à bêtise pontifiante,
Il boit et a la descente indécente!
Alcool et picole avant d'être en route,
Ivresse folle qui ôte tout doute...

Coûte que coûte il se colle au derrière,
Enjoint les lents devant à la prière;
Fiers d'effrayer son quota de tacots,
Bel indélicat il file illico!

Preste au niveau du turbo pollueur,
Pas de lueur de Q.I. Supérieur...
Son rôle prendra fin en un point d'orgue:
En taule, handicapé, ou à la morgue...
08/05/02 François Ville

Aveuglé

Aveuglé par la peur,
Du noir, de l'inconnu,
De la mort assidue
Et de toute douleur,

Il mendiera des leurres,
Un semblant de réponse,
Un chemin dans les ronces,
Antidote au malheur.

Des malins, profiteurs,
Broderont une histoire,
Un beau conte au comptoir
De sa soif de meilleur :

Un messie des prêcheurs,
Et des règles intangibles,
Un bonheur éligible
Aux fervents non pêcheurs.

Alors...

Aveuglé de colère,
Au touché dur du doute,
Il voudra en déroute
Hérétiques et faux frères,

Il gravera au fer,
Ses dogmes et ses sermons,
Puisqu'un seul a raison :
Le plus fort de l'affaire,

Il tuera, fera taire,
Ceux qu'il ne comprend pas,
Autant qu'il le faudra,
Autant que nécessaire,

Il sera son enfer,
Cet homme emprisonné,
Par sa trouille aveuglé,
Aveuglé de colère...
10/01/2004
François Ville

Art triste commercial

Des pléthores de vicelards
Vicient l'art sans plus de manières
Médiocrité en étendard
Et portefeuilles en bandoulière

Des formes sans fond sans vie
Dans nos salons sur nos écrans
Images formatées sexy
Aimantent à tout coup le chaland

Méthode bourrage de crâne
Nous déboursons dans l'immédiat
Et fredonnons comme des ânes
Cerveaux gavés par les médias

L'angoisse est de voir et entendre
Les mêmes et fadasses chansons
Ils n'hésitent jamais pour vendre
A se faire du mauvais son

La mécanique est bien huilée
Un type inculte met des disques
Car pour des mélodistes innés
Le métier comporte des risques

L'art contemporain à l'inverse
Fait dans le choquant ou l'abstrait
De l'inédit voilà qui berce
Autant d'abscons sans intérêt

Sans qualités autres qu'escrocs
Pros de l'arnaque et de l'art triste
Marketing est le maître mot
De produits proclamés artistes

Intellectualisme artistique?
Je dis masturbation mentale
Un art coupé de son public
N'est que cadavre pré-natal

Même chose en littérature
Où sont donc passées âmes et tripes
D'ineptes stars tuent l'écriture
L'édition meurt ou se constipe

Mais ne jouons pas les victimes
Créons une oeuvre sans faillir
Que se soit une lutte intime
De la fierté contre le pire!
16/09/02 François Ville

Anarchitecture

A errer dans la zone commerciale
Un gros caddy en guise de prothèse
Un vrai sentiment de néant glacial
Aiguise ses canines et prend ses aises

Aucun animal ni arbre ni fleur
Ah mais quelle horreur ce lieu pue la mort
Béton bitume et tôle sans valeur
Attentent à la vie sans plus de remord

Odeur huileuse ozone de non-droit
Il n'est point de comparable atmosphère
Un air graisseux empuanti l'endroit
Comme un pet moisi au fond de l'enfer

Immenses masses imposées à la vue
La laideur est reine en périphérie
La grande surface est une vérue
Une humaine erreur en grande série

Boutiques impersonnelles hangars à fric
Chaque chaîne érige et vend son standard
Partout les mêmes enseignes à coups de triques
Exhibent leurs moches et fiers étendards

Défendue par une horde d'affiches
Une armée de commerces agresse et bataille
Un hymne un slogan dans les coeurs se fichent
Et la volonté est blessée d'entailles

Allusion perpétuelle au pur bonheur
Communication comme unique action
L'illusion matérielle est beau leurre
Un traquenard de voleurs en faction

Anes en peine ou bien plutôt âmes en panne
Un flot d'humains se rue dans les rayons
Chaque jour des gens très bien se trépannent
A la merci du moindre échantillon

Une floppée de mornes lampadaires
Accentue ce non-sens territorial
Dés lors comment n'être pas lapidaire
Et à la limite inquisitorial

Un espace en voie de disparition
Les centres commerciaux uniformisent
Après tout ils n'ont d'autres ambition
Que d'empocher au plus vite la mise

Un paysage rayé de ratures
Inesthétisme accentué à l'extrême
Edification d'anarchitectures
En mauvais goût nous n'avons que la crème...
23/11/02 François Ville

Alcoolique néphrétique

Dur dur d'être imbibé
A fond désinhibé
Mais au bar de l'amer
Son courage est de fer

Gothique en ce bar rock
Solide comme un roc
Tel l'arbre vieux et droit
Au tripot le saoul boit

C'est un saoul entendu
Écouté tel Jésus
C'est la vodka du Diable
A jamais insatiable

Au bistrot expansif
Il bise trop, trop vif
Acolyte anonyme
Il est très vite intime

Ami des cas piteux
Et des vins capiteux
Il est un pur poivrot
Homme au bout du goulot

Seul sans camarade
Il se sent comme en rade
Tandis qu'accompagné
Il est dandy à tout gagner

De sketchs en scotchs il va
Toujours prêt au combat
La vie comme au cinoche
Ou un livre de poch'

Sa verve s'articule
En pensées particules
C'est un rhéteur technique
Autant que la teq' nique

Entraîné aguerri
Malade à aucun prix
Il butine ses chopes
Happy culture au top

Habitué des WC
Arroseur à rosé
Assoiffé de liqueurs
Nul alcool ne l'écoeure

Il picole et picore
Un art de vivre un sport
Il mourra bon vivant,
Son verre entre les dents!
30/09/02 François Ville

Un coup de paix dans l'eau

Décider d'attaquer un pays une armée
Décimer des civils en campagne et en ville

Abhorrer une race au profit d'une classe
Arborer de la haine au vingt heures à l'antenne

Instituer la truande en méga propagande
Ainsi tuer l'info et le vrai et le faux

Evoquer des Valeurs la Patrie et l'Honneur
Invoquer le Très Grand à bénir ses servants

Employer la morale et le bien et le mal
Déployer une image uniforme à la page

Engager des alliances intérêt ou confiance
Enrager des Etats et tirer dans le tas

Inspecter le terrain des contrats pour demain
Prospecter dur et ferme un marché à long terme

Augmenter pour la Paix les crédits le budget
Contenter l'Industrie les Amis les Lobbies

Installer sur le front de la chaire à canon
Instaurer des Héros des Martyrs au drapeau

Implorer plus que tout l'armement les joujoux
Déplorer les familles éplorées qu'on les pille
François Ville, le 22/10/2003

Tout vient aux poings à qui sait étendre...

Liberté de l'agresse,
Irrespect impuni,
Bien des délits progressent,
Et le peuple frémit.

Délinquants jeunes et viles,
Aux agressives hormones,
Ont l'acné juvénile,
Et le ton qui détonne.

Jeunes filles en pleurs,
Dans l'ampleur des tournantes,
Des crimes ont l'honneur,
D'être monnaie courante.

Arsenal bien en vue,
Pour braquages rapides,
Cash du siècle au menu,
De brigands intrépides.

Jamais cambriolés,
Ostentatoires et riches,
Dans des cabriolets,
De beaux dealers s'affichent.

Prise de rixe folle,
Branle-bas de combat,
Les couteaux à l'école,
Ont primé les compas.

Attention à la tension,
Risques certains d'émeutes,
Gangs en pleine ascension,
Comportements de meutes.

Kidnappeurs tortionnaires,
Qui n'a peur du bourreau,
Des pédophiles aux airs,
Du collègue de bureau.

Acquitté l'assassin,
Libres récidivistes,
Équité: terme vain,
Qui a quitté la piste.

Convoyeurs de fonds, morts:
Paroles démagos...
Mais pour des magots d'or,
A quoi servent ces mots.

Au sein de tours d'ivoire,
Sourds aux sons de la grogne,
Les sphères du pouvoir,
Laissent faire et s'en cognent.

Au coeur de villes informes,
Des voleurs et gendarmes,
Pendant que les gens dorment,
Jouent à leur jeu sans charme.

A cent lieues d'être hilares,
Sous leur bien belle allure,
Des reporters bavards,
Commentent les bavures.

Bon diffuseur d'angoisses,
L'odieux-visuel idiot,
Exhibe ce qui froisse,
La joie des plus joviaux.

Par l'emploi de formules,
Utilisées fort mal,
L'information accule,
A la peur animale.

Besoin de mises aux poings,
Franchir le mur du sang,
Jouissance n'est pas loin,
Pour nous, êtres violents.
30/07/02 François Ville

Tabac

Conglomérat allègre
Un réseau une pègre
Industrie du cancer
Tueur tentaculaire

Orifice béant
Affamé infamant
Pitance du Moloch:
Le sale argent qu'il croque

Un monstre sans égal
La multinationale
Un droit quasi divin
De mort sur les humains

Etats schizos véreux
Acteurs d'un double jeu
Profit des taxations
Infime prévention

Bien crasseuse au réveil
Une toux sans pareil
Une gorge en dégâts
Un parfum de tabac

Au matin au café
L'argent part en fumée
Habitude ou coutume
Une clope s'allume

Une odeur froide et forte
Incommode et s'exporte
Atmosphère viciée
Du garage au palier

Des dents et doigts jaunis
Epiderme terni
Au nom de Nicotine
Une folie s'obstine

Existence d'esclave
Une vie à la cave
Agresseur d'entourage
En fragrances volages

Un geste compulsif
Un rite impératif
Dépendance obsédante
Absolue affolante

Un cocktail pas très net
Pilules et cigarettes
Un long et lent suicide
Une aura qui se ride

A sa progéniture
Un danger de bavure
Exemple familial
Une tare filiale

Un létal anti-stress
Une cage une laisse
Une faible dépense
Apportant contenance

Un tissu de goudron
Tapissant les poumons
Un mégot une cendre
Attitude à défendre

Un corps parfait s'implique
Une usine toxique
Un poison à la chaîne
A en perdre l'haleine

Un câlin un trésor
Moi je l'aime ce corps
Un amour une fleur
Le pourquoi de ma peur...
22/09/02 François Ville

Sport intensif

Un statut un credo
Le sport de haut niveau
Élevage de dieux
Efforts à qui mieux mieux

Vérité proclamée
Le sport c'est la santé
Vive les héros sportifs
Pratiquants intensifs

Univers darwinien
Séances au quotidien
Bonjour compétitions
Blessures élongations

Un record se mérite
Entorses et tendinites
Usées musculatures
Fractures et déchirures

Chaque score est douteux
Le crédible est hors-jeu
Tricherie repentance
Une suspecte ambiance

Dopage obligatoire
Effets seconds notoires
Trop de substances nuisent
Et leur vie s'amenuise

Un lyrisme olympique
Rôles beaux et tragiques
Dans les sportifs s'animent
Bourreau, roi, et victime

Sur-médiatisation
Fric en disproportion
Les vocations se lèvent
Au rythme de ce rêve

Absorbant le mensonge
En véritable éponge
L'enfant voudra demain
Sa partie du butin

Efficaces jeune-hommes
A savoir minimum
Parfaits analphabètes
On lit peu en compèt'

Des carrières éphémères
Et après c'est l'Enfer
La faillite et l'oubli
Dégradation pourrie

Fédérations complices
Politique du vice
Une caste de pontes
Alimente ses comptes

Du doc au scientifique
Du sponsor au public
Chacun est responsable
A son niveau coupable
30/09/02 François Ville

Puisque
Puisque la violence est spectacle
A des cadences épileptiques,
La décadence se rapplique
Dans les cervelles réceptacles.

Puisque le sexe ça génère
Hilarité et rouge aux joues,
Les psys sont manitous
Pour les subconscients de travers.

Puisque la pauvreté est tare
Dans le richissime Occident,
La réclusion est l'expédient
Pour une poignée de taulards.

Puisque la planète est poubelle
Au regard des pays âgés,
Le paysage est négligé
Et les pays sages virtuels.

Puisque la vie n'a pas de prix
Ou juste celui d'un cercueil,
L'inhumanité se recueille
Sur des tombes vites fleuries.
Puisque le corps est marchandise
Au nom de la sans-gêne science,
L'as en gênes pris d'omniscience
Se prend pour Dieu et improvise.

Puisque la croissance est le but
En sacro-sainte économie,
L'individu voit malgré lui
Un "Chôm promis chômdu" en rut.

Puisque tout ceci me révolte
Et fait jaillir en moi l'acide,
Je ne veux plus être lucide
Mais profondément désinvolte...
17/09/01 François Ville

Que les hommes sont ridicules

Que les hommes sont ridicules
Quand les records ils accumulent,
Que les hommes sont ridicules,
Moi je le dis et pendicule,

Records plus hauts, plus forts, plus loin,
Remords puisqu'enfin tout est vain,
Retord le corps est vite éteint,
La mort est au bout du chemin,

Se dépasser se faire un nom,
Et trépasser usé à fond,
Emulation, compétition,
Pour qui, pour quoi et à quoi bon ?

Egoïsme dans ces défis,
Qu'importent amour, enfants, amis,
Pour chaque exploit, cher est le prix,
L'aventurier, tout sacrifie,

De sa folie devenir riche,
Sponsors, médias aux yeux de biche,
Dopés, trompeurs toujours aguichent,
Le fric s'en mêle et c'est la triche,

Légendes absurdes, héros modernes,
Pour exister, être moins terne,
L'humain paumé, moral en berne,
Veut des dangers qui le gouvernent.
François Ville
Le 04 juin 2007

L'argent, c'est la liberté

L'argent c'est la liberté,
Liberté de polluer,
Et liberté de tuer

Tout s'achète et tout se vend,
Ame au Diable, vies d'enfants,
Sexe, amour, paix, guerre, art, gens

Temps argent, silence d'or,
Mise en pièce avant la mort,
Fisc fucking, bonheur d'abord

Jouez jouez à cash cash,
Argent content, crache et crache,
Oubliez les krachs et crashs

Aguichés automatiques,
Machine a fous et à freaks,
Remplissez vos frocs de fric

Plein de sang dessus deux sous,
L'argent sale, c'est pas nous,
Toute tâche se dissout

Cessez, stoppez de penser,
Seul mot d'ordre, dépensez,
Fini les peines à panser
François Ville
Le 01 novembre 2006

Génie ?

Certains crient au génie, moi je crie au secours !
Génie ? Je nie, je dis, pendez-les haut et court !!!
François Ville
Le 04 juin 2007

Cannes

De lents flashs crépitent sur des stars décrépites,
La foule palpite pour ses Dieux-pépites.
François Ville
Le 01 novembre 2006

Les machos

Il n'y a rien de plus bête
Qu'une bande de mecs
Avec leur sexe en tête
Sur les femmes ils défèquent

Des propos de machos
Humeur et humour lourds
Nigauds aux mots idiots
Que du cul pas d'amour

Comportements virils
Et conneries verbales
Le subtil en exile
Laisse place au bestial

Le mec en bande est crade
C'est le pire pur porc
Bien loin du génial Sade
De Sodome et Gomorrhe

Toujours prêt à cracher
La purée la semence
Se vider sans respect
Sans aucune élégance

Sa peur d'être tapette Ou de passer pour tel
Est telle qu'il rejette
L'idée d'homosexuel

La gente féminine
Est une marchandise
Pense le mec indigne
D'être aimé à sa guise

Femme révolte toi
Apprends leur la douceur
Frappe les à l'endroit
De la pire douleur
10/02/00

Les moutons

Brisant la loi du silence
Les tabous de l'indécence
Surfant les vagues du scandale
Tous les désirs qu'on étale

Détruire une vie quelle joie
Du vulgaire au n'importe quoi
Vente et audience à tout prix
Pas d'intelligence tant pis

Et les reportages truqués
Interview pour le succès
Et la pourriture ambiante
Stars d'hier omniprésentes

C'est la valse des images
Bêtise humaine en breuvage
Aucun risque aucun direct
Juste ce grand business infecte

Un peuple rempli de moutons
Vivant de télévision
Pas à blâmer mais à plaindre
Savent-ils seulement l'éteindre?
18/04/97

Les égoïstes

Les égoïstes s'affrontent sans fin
Aveugles vis-à-vis de leur prochain
Absolument incapables d'aimer
Ils désirent de l'amour sans rien donner

Sûr nous sommes tous plus ou moins nombrilistes
Sourds à l'autre qui comme nous existe Egocentrisme manque de respect
Nous avons fait le monde tel qu'il est

Mais c'est ce monde qui nous fait vomir
Que l'on souhaiterait meilleur ou moins pire
Mais il est plus aisé de faire le mal
Même lorsque l'on rêve d'un idéal

Pourtant la solution est en chacun
Car sur les autres le contrôle est vain
Si chacun de son côté s'améliore
Ce monde merdique deviendra or
07/01/98

Matérialiste

Société matérialiste
Tu achètes donc tu existes
Avoue qu'c'est un peu triste
Mais tu insistes et persistes

Transformé en code-barre
T'es le client donc la star
On te fait croire l'illusoire
Pour qu'les bâtards prennent leur part

Tu es un porte-monnaie
Portefeuille plein de billets
L'économie veut tes frais
Tes excès pour son succès

Tu vis ta vie par crédit
Le peu d'esprit décrépi
Achetant tout sans envie
Certain d'avoir réussi

L'argent cache tes angoisses
Mais sache que c'est l'impasse
Arrache toi de cette poisse
La mélasse qui te menace

Allez sors de la torpeur
De cette peur où tu meurs
Allez prends l'humeur du tueur Sois joueur et aie du coeur

Evacue tes sentiments
Puisque je sens que tu mens
Pourtant je sais qu'un enfant
Est là en toi et attend
17/07/99

Pauvre jeunesse

Tu crèves dans la rue te prostitues
Déchiré par la came qui crame ton âme
Jeune et déjà foutu tu vis de ton cul
Tu as perdu la flamme au fil de l'infâme

Des gosses de France puent cette souffrance
De la précarité pas de débouché
Un futur en absence éternelle errance
Jeunesse sacrifiée à perpétuité

Gouvernés par des vieux et rien que pour eux
Ils préparent leur retraite troisième âge en fête
Peur du jeune de banlieue vicieux dangereux
Les jeux sont faits de fait ils se paient ta tête

Tu as faim tu n'as rien dans ce lieu malsain
Seringue dans le bras atteint du sida
Sale destin d'humain traité comme un chien
Dans tes yeux aux abois pas le moindre éclat

La misère est ton crime que l'Etat sublime
Fin de la protection plus de répression
Violence légitime de notre régime
Tous les pauvres en prison ultime exclusion
Adolescents violents enfants insultant
Dans la société folle ils volent et ils violent
Délinquants innocents toi tu les comprends
Pas de bol peu d'école la misère isole

Liberté ou justice justice au supplice
Système libéral et mort du social
Toi et tes pairs périssent sans que nul n'agisse
Le quotidien exhale son odeur fécale
15/12/99

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